La garantie de parfait achèvement oblige l’entreprise qui a réalisé les travaux à réparer, pendant un an à compter de la réception, tous les désordres que vous lui signalez : ceux notés en réserves sur le procès-verbal, et ceux apparus ensuite et notifiés par écrit. Elle est prévue par l’article 1792-6 du Code civil, couvre toute gravité de désordre, mais pas l’usure normale ni l’usage.
Un an. C’est court, et c’est pourtant la période la plus favorable de toute la vie de votre ouvrage. L’entreprise est encore joignable, le chantier est frais dans les mémoires, et la loi l’oblige à revenir pour chaque défaut signalé, du joint mal fait à la fenêtre qui ferme mal.
Le problème, c’est que beaucoup de propriétaires laissent filer cette année. Ils envoient un courrier, attendent une réponse qui ne vient pas, relancent par téléphone. Et découvrent au treizième mois que leur droit s’est éteint, parce qu’une lettre recommandée ne suffit pas à protéger le délai.
Cette page vous donne le mode d’emploi concret : ce que la garantie couvre, comment calculer votre échéance, comment la faire jouer étape par étape, que faire si l’entreprise fait la sourde oreille, et ce qui change si vous avez acheté sur plan ou fait construire votre maison.
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01 · Le principeLa garantie de parfait achèvement, en clair
La garantie de parfait achèvement, souvent abrégée GPA, est la première des trois garanties légales qui démarrent à la réception des travaux. Les deux autres, la garantie biennale et la garantie décennale, durent plus longtemps mais couvrent beaucoup moins de choses.
L’article 1792-6 du Code civil, alinéa par alinéa
- al. 1La réceptionActe par lequel vous acceptez l’ouvrage, avec ou sans réservesAmiable ou judiciaire, toujours contradictoire
- al. 2Durée et périmètre1 an à compter de la réception, tous les désordres signalésEn réserves au procès-verbal, ou par écrit s’ils apparaissent après
- al. 3Délai de repriseFixé d’un commun accord avec l’entrepriseFaites-le confirmer par écrit
- al. 4À défautTravaux exécutés aux frais et risques de l’entreprise défaillanteAprès une mise en demeure restée sans effet
- al. 5Constat de la repriseConstatée d’un commun accord, ou par le jugeD’où l’intérêt d’un procès-verbal de levée des réserves
- al. 6ExclusionNi l’usure normale, ni l’usageLe débat porte souvent sur cette frontière
Son principe tient en une phrase : pendant douze mois, l’entreprise doit remettre l’ouvrage dans l’état prévu au contrat, quel que soit le défaut que vous lui signalez.
Ce que dit l’article 1792-6 du Code civil
Après avoir défini la réception dans son premier alinéa, le texte organise la garantie. L’entrepreneur est tenu de la garantie pendant un an à compter de la réception. Elle s’étend à tous les désordres signalés par le maître de l’ouvrage, en réserves au procès-verbal ou par notification écrite pour ceux révélés après.
Les délais de réparation sont fixés d’un commun accord. Sans accord, ou si le délai n’est pas tenu, les travaux peuvent être exécutés aux frais et risques de l’entrepreneur défaillant, après une mise en demeure restée sans effet. La reprise est constatée d’un commun accord, ou à défaut par le juge. Enfin, la garantie ne couvre pas l’usure normale ni l’usage.
Qui doit la garantie, et à qui
Le débiteur est l’entrepreneur qui a réalisé les travaux affectés par le désordre. Si plusieurs entreprises sont intervenues, chacune répond de son lot : le plaquiste de ses cloisons, le menuisier de ses fenêtres.
Un défaut de finition au bord d’une fenêtre relève de l’entreprise qui a posé ou peint, pas de l’architecte.
L’architecte, le bureau d’études ou le maître d’œuvre n’en sont pas tenus. Le bénéficiaire est le maître de l’ouvrage, c’est-à-dire la personne qui a commandé les travaux et signé la réception. En construction de maison individuelle, c’est vous. En vente sur plan, c’est le promoteur, ce qui change beaucoup de choses, comme on le verra plus bas.
Une garantie d’ordre public
Aucune clause d’un devis ou d’un contrat ne peut supprimer ou réduire cette garantie. L’article 1792-5 du Code civil répute non écrite toute clause qui tenterait de l’exclure.
Une mention du type « garantie limitée aux défauts majeurs » ou « reprises au bon vouloir de l’entreprise » n’a donc aucune valeur. En revanche, un contrat peut prévoir une protection plus longue, ce que font parfois certains promoteurs.
Pourquoi la réception change tout
Tout part de la réception, l’acte par lequel vous déclarez accepter l’ouvrage, avec ou sans réserves. Sa date déclenche les trois garanties légales et fixe le point de départ de votre année.
Sans procès-verbal daté et signé, ce point de départ devient discutable, et c’est souvent là que les litiges commencent. Si vous n’avez pas encore réceptionné, notre page sur les malfaçons avant la réception des travaux détaille ce qui se joue avant la signature.
« Un an. C’est court, et c’est pourtant la période la plus favorable de toute la vie de votre ouvrage. »
02 · Le périmètreCe que couvre la garantie, et ce qu’elle ne couvre pas
C’est la garantie la plus large du droit de la construction. Elle ne fait aucune différence entre un désordre esthétique et un désordre grave. Ce qui compte, c’est que le défaut vienne de l’exécution des travaux et qu’il ait été signalé dans les formes.
Une pièce livrée il y a quelques mois : qu’est-ce qui entre dans la garantie ?
- 1Couvert
Carrelage qui sonne creux, inscrit en réserve au procès-verbal - 2Couvert
Infiltration au plafond apparue au sixième mois, notifiée par lettre recommandée - 3À qualifier
Fissure dans l’enduit sous la fenêtre : exécution, ou mouvement du support ? - 4Hors garantie
Rayure du sol faite en emménageant : usage - 5Hors garantie
Joint noirci faute d’aération : entretien et usage - 6Accepté
Porte qui frotte, visible le jour J mais non réservée
Les réserves notées au procès-verbal de réception
Tout ce que vous avez inscrit en réserve le jour de la réception entre dans la garantie. Une plinthe décollée, un carrelage qui sonne creux, une porte qui frotte, une peinture qui manque en partie haute.
La qualité de la réserve compte. « Finitions à revoir » ne vaut presque rien. « Carreau fissuré dans l’angle nord de la salle d’eau, à remplacer » permet de vérifier, plus tard, si la reprise a été faite. La checklist de réception d’une maison neuve aide à ne rien oublier.
Un repère adhésif aide sur place, mais seule la réserve écrite au procès-verbal fait entrer le défaut dans la garantie.
Les désordres apparus après la réception
Un défaut qui se révèle dans l’année est couvert à une condition : vous devez le notifier par écrit à l’entreprise avant la fin des douze mois. Une infiltration à la première grosse pluie, une fissure dans un enduit neuf, un écoulement qui refoule, un volet qui se bloque.
Le défaut n’a pas besoin d’être grave. Il doit seulement relever de l’exécution des travaux, et pas d’un usage anormal ou d’un défaut d’entretien.
Ce qui reste en dehors de la garantie
L’usure normale et l’usage
Un joint de silicone noirci par le manque d’aération, une rayure faite en emménageant, une porte forcée : ces dommages ne relèvent pas de l’exécution, la garantie ne joue pas.
Les défauts visibles non réservés
Un défaut apparent le jour de la réception, que vous n’avez pas noté, est en principe réputé accepté. La garantie de parfait achèvement ne permet pas de revenir dessus. C’est l’effet d’une réception signée sans réserve, que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard.
Les travaux que vous avez faits vous-même
Un revêtement posé par vos soins ou par un proche n’est couvert par aucune garantie de constructeur. Si une entreprise intervient ensuite sur un support que vous avez préparé, la discussion sur l’origine du désordre devient technique.
Les zones grises où l’analyse technique tranche
Une fissure dans un enduit neuf peut venir d’un enduit mal appliqué, donc de la GPA. Elle peut aussi traduire un mouvement du support ou des fondations, ce qui pose une autre question, plus lourde. Une tache d’humidité peut venir d’une étanchéité défaillante ou d’une condensation liée à l’usage du logement.
Sur ce type de dossier, on constate souvent que l’entreprise oppose l’usage ou l’entretien pour écarter sa garantie. Savoir reconnaître une vraie malfaçon de ce qui n’en est pas une est souvent le cœur du débat.
Sont couverts les défauts réservés à la réception et ceux notifiés par écrit dans l’année, quelle que soit leur gravité. Restent dehors l’usure, l’usage anormal et les défauts visibles que vous n’avez pas réservés.
03 · Le compte à reboursLe calendrier : un an, pas un jour de plus
C’est la partie que tout le monde croit connaître, et celle où se perdent le plus de dossiers. Le délai d’un an n’est pas seulement le temps pendant lequel vous pouvez signaler un défaut. C’est aussi, en pratique, le temps dont vous disposez pour agir en justice si l’entreprise ne répare pas.
Ce qui arrête l’horloge, et ce qui ne l’arrête pas
Le point de départ : la date du procès-verbal
Le délai court à compter de la réception, la date portée sur le procès-verbal signé. Une réception du 15 mars 2026 ouvre une garantie qui expire le 15 mars 2027.
La remise des clés, le dernier passage d’un ouvrier ou la date de la dernière facture ne comptent pas. Si la réception a été tacite ou prononcée par un juge, sa date se discute, et cette discussion mérite un avis juridique.
Le jour de la réception, la date inscrite au procès-verbal déclenche le compte à rebours d’un an.
La lettre recommandée ne protège pas le délai
C’est le piège principal. Votre lettre recommandée est indispensable pour signaler un défaut révélé après la réception. Mais elle n’interrompt pas le délai d’un an.
Si l’entreprise ne répare pas, seule une action en justice interrompt ce délai : une assignation en référé, par exemple pour demander la désignation d’un expert judiciaire, ou une assignation au fond. L’article 2241 du Code civil prévoit cet effet interruptif. Un délai de cette nature est dit de forclusion : une fois passé, le juge ne peut plus rien pour vous sur ce fondement.
Ce que cela change dans votre stratégie
Un défaut signalé au onzième mois laisse quelques semaines pour obtenir une réparation, ou pour saisir le juge. C’est trop court pour négocier sereinement.
D’où la règle pratique que nous donnons à chaque propriétaire : signaler chaque défaut dès son apparition, fixer un délai de reprise par écrit, et faire un point sérieux vers le neuvième mois. Ce qui n’est pas réglé à ce stade doit être confié à un avocat, avec un dossier technique prêt.
Combien de temps vous reste-t-il ?
Indiquez la date de réception portée sur votre procès-verbal. L’outil calcule l’échéance de la garantie et l’action prioritaire. Exemple prérempli, remplacez-le par votre date.
Calcul indicatif fondé sur les articles 1792-6, 1642-1 et 1648 du Code civil. Il ne remplace ni l’analyse de votre contrat ni un avis juridique, ni une expertise.
Un an à compter de la date du procès-verbal. La lettre recommandée signale le défaut mais ne protège pas le délai : seule une action en justice l’interrompt. Faites le point au neuvième mois, pas au douzième.
« La lettre recommandée signale le défaut mais ne protège pas le délai. »
04 · La procédureFaire jouer la garantie, étape par étape
La procédure est simple sur le papier. Ce qui fait la différence, c’est la précision de chaque écrit et la discipline sur les dates.
Cinq étapes, cinq traces écrites
- 1ConstaterPhotos datées, mesures, contrat et procès-verbal réunisDossier photo
- 2NotifierChaque désordre décrit et localisé, article 1792-6 viséLettre RAR
- 3ConvenirDélai de reprise accepté par l’entrepriseAccord écrit
- 4VérifierReprise contrôlée sur place, défaut par défautPV de levée
- 5Mettre en demeureSi le délai n’est pas tenu, avant l’échéanceMise en demeure
Étape 1 : constater et documenter
Photographiez le défaut dès son apparition, sous plusieurs angles, avec un repère d’échelle et la date visible. Pour une fissure, mesurez sa largeur et sa longueur, et notez si elle évolue.
Rassemblez le procès-verbal de réception, le devis signé, les factures et l’attestation d’assurance de l’entreprise. C’est ce dossier qui servira à chaque étape, y compris devant un juge.
Étape 2 : notifier par écrit
Adressez à l’entreprise une lettre recommandée avec accusé de réception. Décrivez chaque désordre, sa localisation précise, la date d’apparition, et rappelez la date de réception. Demandez une intervention dans un délai que vous fixez.
Un courrier précis, daté et envoyé en recommandé : c’est la première trace écrite de votre demande.
Pour les défauts déjà réservés au procès-verbal, la même lettre sert à relancer la reprise. Visez l’article 1792-6 du Code civil : l’entreprise sait alors que vous connaissez vos droits.
Étape 3 : convenir d’un délai de reprise
La loi prévoit que le délai de réparation se fixe d’un commun accord. Faites-le confirmer par écrit, un échange de courriels suffit. Un délai écrit transforme une promesse vague en engagement vérifiable.
Étape 4 : constater la levée des réserves
Quand l’entreprise est intervenue, vérifiez sur place et signez un procès-verbal de levée des réserves, défaut par défaut. Une reprise partielle se note comme telle. Ne signez pas une levée globale pour un travail incomplet.
Étape 5 : mettre en demeure si rien ne bouge
Passé le délai, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée. Elle rappelle les désordres, le délai convenu et non tenu, et annonce les suites. Notre lettre type de mise en demeure pour réparation peut vous servir de base.
Cette mise en demeure est la condition légale pour faire exécuter les travaux par une autre entreprise, aux frais de l’entreprise défaillante. Elle ouvre aussi, dans certains cas, l’accès à votre assurance dommages-ouvrage.
Sans engagement. Un expert vous dit en quelques minutes si le désordre relève de la garantie et quoi écrire.
05 · Les leviersQuand l’entreprise ne répond pas ou refuse : vos leviers
Le silence est la réaction la plus fréquente. Parfois l’entreprise conteste le désordre, parfois elle promet sans venir, parfois elle a simplement disparu. Vous disposez de plusieurs leviers, à activer dans le bon ordre.
Le délai de reprise est dépassé : quel levier selon la situation ?
La retenue de garantie de 5 %
Dans un marché de travaux privé, si votre contrat le prévoit, vous pouvez retenir jusqu’à 5 % du prix pour garantir la levée des réserves. La loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 encadre ce mécanisme : la somme est consignée chez un tiers, ou remplacée par une caution bancaire.
Elle est libérée un an après la réception, sauf si vous notifiez avant cette échéance une opposition motivée par lettre recommandée, fondée sur les obligations non exécutées. Une opposition vague ou tardive est fragile.
Faire réaliser les travaux par une autre entreprise
Après une mise en demeure restée sans effet, l’article 1792-6 autorise l’exécution des travaux aux frais et risques de l’entrepreneur défaillant. En pratique, si celui-ci conteste, le remboursement passe par le juge. Gardez devis, factures et photos avant et après.
L’assurance dommages-ouvrage pendant l’année
Si vous avez souscrit une assurance dommages-ouvrage, sachez qu’en principe elle commence à jouer à la fin de la première année. Elle peut toutefois intervenir pendant la garantie de parfait achèvement, après une mise en demeure de l’entreprise restée sans effet, comme le rappelle Service-Public.
Une limite importante : elle ne finance que des dommages de nature décennale, ceux qui compromettent la solidité ou rendent le logement impropre à son usage. Une plinthe mal posée n’en fait pas partie, une infiltration qui rend une pièce inutilisable peut en faire partie. L’assureur dispose ensuite de 60 jours pour se prononcer sur la prise en charge et de 90 jours pour présenter une offre.
La médiation, puis le juge
Une tentative de médiation reste utile quand l’entreprise est de bonne foi mais débordée. Si l’échéance approche, ne la laissez pas remplacer l’action en justice. Le référé expertise permet d’obtenir un expert judiciaire, et il interrompt le délai.
Quand l’entreprise a disparu
Une liquidation n’efface pas vos droits, mais elle complique le recouvrement.
Entreprise disparue : l’attestation d’assurance remise avant le chantier devient la pièce clé du dossier.
L’attestation d’assurance de l’entreprise devient alors une pièce clé, et la dommages-ouvrage prend tout son intérêt pour les désordres graves.
Retenue de 5 % avec opposition motivée avant l’échéance, exécution aux frais de l’entreprise défaillante, dommages-ouvrage pour les dommages graves, puis référé expertise si le temps presse.
06 · Achat neufVEFA et CCMI : qui doit la garantie, dans quels délais
La garantie de parfait achèvement ne fonctionne pas de la même façon selon que vous avez commandé vous-même les travaux ou acheté un logement neuf. C’est la confusion la plus fréquente que nous voyons dans les dossiers d’acquéreurs.
Travaux, maison individuelle, achat sur plan : qui vous doit quoi
En VEFA, la garantie bénéficie au promoteur
Quand vous achetez sur plan, le promoteur est le maître de l’ouvrage face aux entreprises. C’est lui qui réceptionne les travaux, et c’est lui qui bénéficie de la garantie de parfait achèvement envers elles. Vous, vous prenez livraison, souvent plusieurs semaines après cette réception.
Votre interlocuteur est donc le vendeur. Il répercute vos réclamations aux entreprises. Les réserves se consignent sur le procès-verbal de livraison en VEFA, et le solde du prix peut être consigné en cas de contestation sur la conformité.
En VEFA, les réserves se notent sur le procès-verbal de livraison, face au vendeur.
Les délais propres à l’acquéreur sur plan
Un mois pour les défauts visibles
L’article 1642-1 du Code civil vous permet de dénoncer les défauts apparents jusqu’à la plus tardive de deux dates : la réception des travaux, ou l’expiration d’un mois après votre prise de possession.
Un an pour agir en justice
L’article 1648 du Code civil impose ensuite d’agir en justice dans l’année qui suit cette date, à peine de forclusion. En pratique, vous disposez donc d’environ un an et un mois après la remise des clés pour les défauts apparents.
Le décalage avec la garantie du promoteur
La garantie de parfait achèvement du promoteur court depuis la réception, qui précède souvent votre livraison. Un défaut signalé tard peut donc arriver alors que le promoteur ne peut plus le répercuter aux entreprises sur ce fondement. Cela ne supprime pas vos droits contre le vendeur, mais complique leur exécution.
En CCMI, la garantie vous est due directement
En contrat de construction de maison individuelle, vous êtes le maître de l’ouvrage. Le constructeur vous doit la garantie de parfait achèvement, dans les conditions de l’article 1792-6.
Si vous avez réceptionné sans être assisté par un professionnel, le Code de la construction et de l’habitation vous laisse huit jours après la remise des clés pour dénoncer, par lettre recommandée, les défauts apparents oubliés. Vous pouvez aussi consigner jusqu’à 5 % du prix en cas de réserves.
Ces délais sont courts. Une assistance à la livraison CCMI ou VEFA permet de partir avec des réserves complètes et rédigées dans des termes opposables.
En VEFA, adressez-vous au vendeur : un mois après la remise des clés pour dénoncer les défauts visibles, puis un an pour agir. En CCMI, le constructeur vous doit directement la garantie, avec huit jours de rattrapage si vous n’étiez pas assisté.
07 · Après un anAprès la première année : quelle garantie prend le relais
Quand la garantie de parfait achèvement s’éteint, vos droits ne disparaissent pas tous. Deux autres garanties légales courent depuis la même date de réception, avec un champ beaucoup plus étroit.
Plus la garantie dure, plus son champ se resserre
Tous les désordres signalés, quelle que soit leur gravité. Article 1792-6.
Champ couvert : le plus largeÉquipements dissociables : volets, chauffe-eau, robinetterie. Article 1792-3.
Champ couvert : les équipementsDommages qui compromettent la solidité ou rendent le logement impropre à son usage. Article 1792.
Champ couvert : les dommages gravesLa garantie biennale de bon fonctionnement
Pendant deux ans, elle couvre les équipements que l’on peut retirer sans abîmer le bâti : un ballon d’eau chaude, un volet roulant, un radiateur électrique. Elle ne couvre ni les murs, ni la toiture, ni les fondations.
La garantie décennale
Pendant dix ans, elle couvre les dommages graves : atteinte à la solidité, infiltration qui rend une pièce inhabitable, défaut de fondation. Elle s’appuie sur l’assurance obligatoire de l’entreprise et, le cas échéant, sur votre dommages-ouvrage. Notre guide sur la garantie décennale en détaille le périmètre.
Un volet roulant qui se bloque au dix-huitième mois relève en principe de la garantie biennale, pas de la décennale.
Le défaut mineur découvert au treizième mois
Une finition défectueuse qui n’atteint pas le seuil décennal et ne concerne pas un équipement dissociable sort des garanties légales spécifiques. D’autres fondements, comme la responsabilité contractuelle, peuvent parfois être discutés. Leur mise en œuvre relève d’un avocat, après qualification technique du désordre.
Le défaut réservé jamais repris
Une réserve notée à la réception et jamais levée relève en principe de la garantie de parfait achèvement, pas de la décennale, puisque le défaut était connu dès le départ. Les tribunaux admettent une exception quand ses conséquences ne se révèlent dans toute leur ampleur qu’après la réception, ce qui se discute au cas par cas. C’est la raison pour laquelle l’année de parfait achèvement doit servir à la faire reprendre, ou à saisir le juge à temps. Pour activer la décennale sur un désordre grave apparu plus tard, voyez comment faire marcher la garantie décennale en cas de malfaçon.
Après un an, seuls restent la biennale pour les équipements dissociables et la décennale pour les dommages graves. Un défaut réservé et jamais repris doit être réglé, ou porté devant le juge, pendant l’année.
08 · Le rôle de l’expertLe rôle de l’expert pendant l’année de parfait achèvement
La garantie de parfait achèvement est un droit simple. La faire respecter l’est moins, parce que l’entreprise conteste souvent l’origine du désordre ou minimise ce qu’il faut reprendre.
Ce que l’expert apporte à chaque moment de l’année
Qualifier le désordre
Un expert bâtiment indépendant établit la cause du défaut : erreur d’exécution, usage, mouvement du support. C’est cette qualification qui détermine la garantie applicable, et qui répond à l’argument de l’usure que l’entreprise oppose volontiers.
Rédiger des demandes opposables
Un rapport d’expertise décrit chaque désordre, le localise, le photographie et précise les travaux de reprise nécessaires. Vos courriers et votre mise en demeure s’appuient sur un document daté, pas sur une impression.
Constats, mesures et photographies datées : la matière d’un rapport sur lequel s’appuient vos courriers.
Préparer la suite si l’année se termine
Si une action en justice devient nécessaire, l’avocat dispose d’un dossier technique prêt, ce qui fait gagner un temps précieux quand l’échéance approche. Nous intervenons aussi en expertise contradictoire et judiciaire à vos côtés. Score Expertises reste sur le terrain technique : le conseil juridique est le métier de l’avocat.
Ce que coûte l’intervention
La majorité de nos expertises sont à 590 € TTC, quel que soit le sujet. Face à une reprise de carrelage, d’étanchéité ou de menuiserie refusée par l’entreprise, ce montant pèse peu à côté de travaux assumés seul une fois la garantie éteinte.
Vous pouvez aussi être tenté de tout gérer seul. C’est possible pour une plinthe ou un joint. Pour une fissure, une infiltration ou un défaut que l’entreprise attribue à l’usage, un œil qui sait distinguer les pathologies et mesurer change souvent l’issue de la discussion.
Trois réflexes pour ne pas perdre votre année
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09 · FAQVos questions les plus fréquentes sur la garantie de parfait achèvement
01Quelle est la durée de la garantie de parfait achèvement ?
Un an à compter de la réception des travaux, c’est-à-dire de la date portée sur le procès-verbal. Une réception du 15 mars 2026 ouvre une garantie jusqu’au 15 mars 2027. Un contrat peut prévoir une durée plus longue, jamais plus courte. Pendant ce délai, vous devez signaler les défauts et, si l’entreprise ne répare pas, agir en justice.
02Une lettre recommandée suffit-elle à préserver mes droits ?
Non. La lettre recommandée est nécessaire pour signaler un défaut apparu après la réception, mais elle n’interrompt pas le délai d’un an. Si l’entreprise ne répare pas, seule une action en justice, en référé ou au fond, protège vos droits au-delà de l’échéance. Faites le point vers le neuvième mois.
03Quelle différence entre garantie de parfait achèvement et garantie décennale ?
La garantie de parfait achèvement dure un an et couvre tous les désordres signalés, même mineurs. La garantie décennale dure dix ans mais ne couvre que les dommages graves, qui compromettent la solidité ou rendent le logement impropre à son usage. Les deux démarrent à la réception.
04En VEFA, à qui dois-je m’adresser ?
Au vendeur, c’est-à-dire au promoteur. C’est lui qui bénéficie de la garantie de parfait achèvement envers les entreprises. Vous disposez d’un mois après la remise des clés pour dénoncer les défauts visibles non réservés, puis d’un an pour agir en justice sur ces défauts.
05L’entreprise peut-elle refuser en invoquant l’usure ?
La garantie ne couvre pas l’usure normale ni l’usage, et l’entreprise peut l’invoquer. Encore faut-il que ce soit vrai. Dans les dossiers que nous traitons, l’argument est souvent opposé à des défauts d’exécution. Une analyse technique établit la cause réelle du désordre.
06Combien coûte une expertise pendant la garantie de parfait achèvement ?
La majorité de nos expertises sont à 590 € TTC, quel que soit le sujet (fissures, humidité, malfaçons, VEFA, conseil avant achat). Ce tarif est un choix de positionnement : la concurrence est rude en Île-de-France, nous tenons à rester accessibles. Le devis dépasse rarement ce montant, sauf cas spécifiques comme les très grandes copropriétés où le périmètre peut justifier un tarif jusqu’à 900 € TTC. Le premier diagnostic téléphonique est gratuit et sans engagement.
Sources
- •Légifrance, article 1792-6 du Code civil, réception et garantie de parfait achèvement
- •Légifrance, article 1792-5 du Code civil, caractère d’ordre public de la garantie
- •Légifrance, article 1792-3 du Code civil, garantie de bon fonctionnement
- •Légifrance, article 1792 du Code civil, responsabilité décennale des constructeurs
- •Légifrance, article 2241 du Code civil, interruption des délais par la demande en justice
- •Légifrance, Code des assurances, articles L242-1 et L242-2, assurance dommages-ouvrage
- •Légifrance, Code de la construction et de l’habitation, articles L231-1 à L231-13, contrat de construction de maison individuelle
- •Service-Public.fr, Garanties après la réception des travaux, fiche vérifiée en septembre 2026
- •Service-Public.fr, Assurance dommages-ouvrage, intervention pendant la garantie de parfait achèvement et délais de l’assureur
- •Service-Public.fr, Garantie décennale des constructeurs, périmètre et point de départ
- •DGCCRF, Malfaçon : mettez en œuvre les garanties, consignation de 5 % du prix en contrat de construction de maison individuelle
- •ANIL, VEFA : consignation du prix de vente, consignation du solde en cas de contestation sur la conformité