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Modèle de lettre pour travaux non effectués : mise en demeure, recours et conseils d’expert

7 • Avr • 2026 | Travaux

Vous avez signé un devis, versé un acompte, et les travaux n’ont jamais commencé. Ou pire : l’artisan a démarré le chantier, puis a disparu du jour au lendemain en laissant votre logement dans un état invivable. C’est une situation que nous rencontrons régulièrement chez Score Expertises, et elle génère un stress considérable chez les particuliers concernés.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes pas démuni face à cette situation. Le Code civil vous donne des outils concrets pour agir, à commencer par la lettre de mise en demeure pour travaux non effectués. Ce courrier n’est pas une simple relance : c’est un acte juridique qui marque officiellement le début de vos démarches et qui peut, dans bien des cas, débloquer la situation sans passer par un tribunal.

Dans cet article, nous vous fournissons un modèle de lettre pour travaux non effectués prêt à l’emploi, les fondements juridiques à connaître, les erreurs à éviter absolument, et surtout, les conseils terrain que nous tirons de nos +1 000 expertises annuelles en Île-de-France. Parce qu’une lettre bien rédigée, appuyée par les bons éléments de preuve, change radicalement la suite des événements.

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Travaux non effectués : dans quels cas envoyer une lettre de mise en demeure ?

Avant de rédiger votre courrier, il est important de bien qualifier votre situation. Toutes les situations de travaux non effectués ne se valent pas juridiquement, et la formulation de votre lettre dépend directement du cas de figure dans lequel vous vous trouvez.

L’artisan n’a jamais commencé les travaux

Vous avez signé le devis, versé l’acompte, et pourtant, des semaines ou des mois plus tard, aucun ouvrier n’est intervenu. Vous avez relancé par téléphone, par SMS, parfois même par e-mail, sans résultat. C’est le cas le plus fréquent que nous observons dans nos expertises : un artisan surchargé qui accepte trop de chantiers, ou un professionnel peu scrupuleux qui encaisse les acomptes sans intention réelle d’intervenir.

Le chantier a été abandonné en cours de route

L’artisan a bien commencé les travaux, mais il a quitté le chantier avant de les terminer. Votre cuisine est éventrée, la salle de bain n’a plus de carrelage, les gaines électriques sont à nu. Juridiquement, on parle d’abandon de chantier. C’est une situation particulièrement délicate, parce que le logement est souvent inhabitable et que chaque jour qui passe aggrave les dégâts.

Les travaux ne correspondent pas du tout au devis

Attention à ne pas confondre travaux non effectués et travaux mal réalisés. Si l’artisan a réalisé des prestations, mais qu’elles ne correspondent pas au devis ou aux règles de l’art, vous êtes dans un cas de malfaçon ou de non-conformité, pas de travaux non effectués. La démarche est différente, et le modèle de lettre aussi. Si vous êtes dans ce cas, consultez notre guide sur la lettre de mise en demeure pour travaux non conformes.

D’après notre expérience chez Score Expertises, la majorité des particuliers attendent trop longtemps avant d’agir. Plus vous réagissez vite après avoir constaté l’inaction de l’artisan, plus vos chances d’obtenir satisfaction sont élevées.


Identifier votre situation
Trois cas de figure, trois démarches différentes
01
Cas le plus fréquent
Travaux jamais commencés
Devis signé, acompte versé, aucune intervention malgré les relances. L’artisan ne se présente pas.
Mise en demeure immédiate
02
Situation critique
Chantier abandonné en cours
L’artisan a démarré puis disparu. Le logement est souvent inhabitable et les dégâts s’aggravent chaque jour.
Mise en demeure + constat d’expert
03
Attention confusion
Travaux non conformes au devis
Les travaux ont été réalisés mais ne correspondent pas à ce qui était convenu. C’est un cas de malfaçon, pas de non-exécution.
Démarche différente
Quel que soit votre cas, agir vite augmente vos chances de résolution. Plus vous attendez, plus le préjudice s’alourdit et la procédure se complique.

Le cadre juridique : vos droits face à des travaux non réalisés

Quand un artisan ou une entreprise s’engage à réaliser des travaux via un devis signé, il s’agit d’un contrat au sens du Code civil. Le non-respect de cet engagement ouvre des droits précis pour le particulier lésé.

La force obligatoire du contrat (article 1103 du Code civil)

L’article 1103 du Code civil est clair : les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. Un devis signé par les deux parties constitue un contrat. L’artisan est donc tenu de réaliser les travaux dans les conditions et les délais prévus. Ce n’est pas une promesse morale, c’est une obligation juridique.

La mise en demeure : un préalable indispensable (article 1344 du Code civil)

Selon l’article 1344 du Code civil, le débiteur (ici l’artisan) est mis en demeure par une sommation ou un acte portant interpellation suffisante. Concrètement, cela signifie qu’une lettre recommandée avec accusé de réception, formulée de manière claire et précise, constitue une mise en demeure valable. Ce courrier est un préalable quasi indispensable avant toute action en justice.

Le droit à réparation en cas d’inexécution (article 1231-1 du Code civil)

L’article 1231-1 du Code civil prévoit que le débiteur peut être condamné au paiement de dommages et intérêts en raison de l’inexécution de son obligation ou du retard dans l’exécution. En pratique, cela signifie que si l’artisan ne réalise pas les travaux prévus, vous pouvez réclamer non seulement le remboursement des sommes versées, mais aussi des dommages et intérêts pour le préjudice subi (frais d’hébergement, perte de jouissance, coût de reprise par un autre professionnel).

La résolution du contrat (article 1224 du Code civil)

Si l’inexécution est suffisamment grave, l’article 1224 du Code civil vous autorise à demander la résolution du contrat. Vous pouvez alors exiger la restitution intégrale des acomptes versés et faire réaliser les travaux par un autre professionnel, aux frais de l’artisan défaillant.

Chez Score Expertises, nous constatons que la majorité des litiges pour travaux non effectués se résolvent à l’étape amiable, à condition que la mise en demeure soit rédigée correctement et accompagnée des bonnes pièces justificatives. Pour comprendre l’ensemble de vos droits et garanties en matière de malfaçons et travaux, nous avons détaillé le cadre légal complet dans un guide dédié. C’est tout l’enjeu du modèle que nous vous proposons ci-dessous.


Les 4 articles du Code civil qui vous protègent
Cadre légal
Art. 1103
Force obligatoire du contrat
Le devis signé tient lieu de loi entre vous et l’artisan. Il est tenu de réaliser les travaux dans les conditions prévues.
Art. 1344
Mise en demeure valable
Une lettre recommandée avec AR, claire et précise, constitue une mise en demeure juridiquement valable. Préalable quasi indispensable avant toute action.
Art. 1231-1
Droit à réparation
Vous pouvez réclamer le remboursement des sommes versées et des dommages et intérêts pour le préjudice subi (hébergement, perte de jouissance).
Art. 1224
Résolution du contrat
Si l’inexécution est grave, vous pouvez exiger la restitution de l’acompte et faire réaliser les travaux par un autre professionnel aux frais de l’artisan.
Devis signé
Inexécution constatée
Mise en demeure LRAR
Résolution ou tribunal

Modèle de lettre pour travaux non effectués : prêt à personnaliser

Voici un modèle de mise en demeure que vous pouvez adapter à votre situation. Ce modèle intègre les références juridiques pertinentes et une structure éprouvée. Veillez à remplacer chaque élément entre crochets par vos informations personnelles.

[Votre prénom et nom]
[Votre adresse complète]
[Code postal et ville]
[Votre e-mail]
[Votre numéro de téléphone]

À l’attention de [Nom de l’entreprise ou de l’artisan]
[Adresse de l’entreprise]
[Code postal et ville]

[Ville], le [date]

Objet : Mise en demeure d’exécuter les travaux prévus au devis n° [référence du devis]

Lettre recommandée avec accusé de réception

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous mets en demeure d’exécuter les travaux convenus dans le cadre du devis n° [référence] signé le [date de signature du devis], portant sur [description précise des travaux : rénovation de salle de bain, ravalement de façade, pose de carrelage, etc.], pour un montant total de [montant TTC] euros TTC.

Un acompte de [montant de l’acompte] euros a été versé le [date du versement], conformément aux conditions du devis. Les travaux devaient débuter le [date prévue de début] et être achevés le [date prévue de fin].

Or, à la date de ce courrier, [choisir la formulation adaptée] :

– les travaux n’ont toujours pas débuté malgré mes relances des [dates des relances précédentes],
– les travaux ont été interrompus le [date d’interruption] et n’ont pas repris depuis, laissant le chantier dans l’état suivant : [décrire l’état du chantier et les conséquences : logement inhabitable, dégâts liés à l’exposition aux intempéries, etc.].

Cette situation me cause un préjudice direct : [préciser le préjudice : impossibilité d’utiliser la pièce concernée, frais d’hébergement temporaire, retard sur d’autres travaux dépendants, etc.].

Conformément à l’article 1103 du Code civil, le devis signé constitue un contrat qui s’impose aux deux parties. En application des articles 1217, 1231-1 et 1344 du Code civil, je vous mets donc en demeure de :

1. Reprendre et achever l’intégralité des travaux prévus au devis dans un délai de 15 jours calendaires à compter de la réception de ce courrier.
2. Me confirmer par écrit la date de reprise du chantier dans un délai de 5 jours.

À défaut de réponse ou d’exécution dans le délai imparti, je me réserve le droit de :

– demander la résolution du contrat et la restitution intégrale de l’acompte de [montant] euros, conformément à l’article 1224 du Code civil,
– faire réaliser les travaux par un autre professionnel à vos frais, conformément à l’article 1222 du Code civil,
– saisir le tribunal compétent pour obtenir réparation de l’intégralité du préjudice subi, y compris les dommages et intérêts.

Cette lettre vaut mise en demeure au sens de l’article 1344 du Code civil.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Pièces jointes : copie du devis signé, preuve du versement de l’acompte, copies des relances précédentes (e-mails, SMS), photos de l’état du chantier le cas échéant.

Point important : ce modèle est une base solide, mais chaque situation est unique. Si votre dossier implique des montants importants (au-delà de 5 000 euros), des dégâts sur votre bien, ou un chantier abandonné depuis plusieurs mois, il est vivement recommandé de faire constater l’état des lieux par un expert en bâtiment indépendant avant d’envoyer votre courrier. Le rapport d’expertise constitue une pièce décisive en cas de procédure.


Les 7 mentions indispensables de votre courrier
Sans ces éléments, votre lettre perd sa valeur juridique de mise en demeure.
1
Les termes « mise en demeure » explicites
C’est ce qui distingue votre courrier d’une simple relance. Sans cette formulation, pas de valeur juridique.
2
La référence précise du devis signé
Numéro du devis, date de signature, nature exacte des travaux, montant TTC convenu.
3
Le montant de l’acompte versé et sa date
Avec la preuve du virement ou du chèque en pièce jointe.
4
Le constat précis de l’inexécution
Travaux non démarrés ou chantier abandonné depuis telle date, avec les conséquences concrètes sur votre logement.
5
Les articles de loi applicables
Articles 1103, 1217, 1231-1 et 1344 du Code civil. C’est le socle juridique de votre demande.
6
Un délai précis et raisonnable
15 jours calendaires pour des travaux courants. « Dès que possible » n’est pas un délai recevable.
7
Les conséquences en cas de non-réponse
Résolution du contrat, reprise par un tiers aux frais de l’artisan, saisine du tribunal, dommages et intérêts.
Envoi obligatoire en LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception) pour garantir la preuve de réception et la date d’envoi.

Les 5 erreurs qui affaiblissent votre lettre de mise en demeure

Sur la base de nos +1 000 expertises annuelles, nous constatons que les particuliers commettent souvent les mêmes erreurs dans leurs courriers de mise en demeure. Ces erreurs réduisent considérablement l’efficacité du courrier et compliquent la suite de la procédure.

Envoyer la lettre en courrier simple

Une mise en demeure envoyée par e-mail ou par courrier simple n’a quasiment aucune valeur probatoire. L’artisan peut toujours prétendre ne jamais l’avoir reçue. L’envoi en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) est indispensable. C’est la preuve de la date d’envoi et de la réception du courrier, deux éléments essentiels si vous devez ensuite saisir un tribunal.

Rester vague dans la description des travaux

Une lettre qui dit simplement « les travaux n’ont pas été faits » sans préciser lesquels, sans citer le numéro du devis ni les dates convenues, sera facilement contestée. Soyez le plus précis possible : numéro du devis, date de signature, nature exacte des travaux, montant, délais prévus, montant de l’acompte versé.

Oublier les références juridiques

Une lettre de relance et une lettre de mise en demeure ne sont pas la même chose. Pour que votre courrier ait la valeur juridique d’une mise en demeure, il doit mentionner explicitement les termes « mise en demeure » et s’appuyer sur les articles de loi applicables (articles 1103, 1217, 1231-1 et 1344 du Code civil). C’est ce qui le distingue d’une simple demande polie.

Ne pas fixer de délai précis

Votre mise en demeure doit impérativement fixer un délai clair et raisonnable. « Dès que possible » ou « dans les meilleurs délais » ne sont pas des délais juridiquement recevables. Un délai de 15 jours calendaires est généralement considéré comme raisonnable par les tribunaux pour des travaux de rénovation courante.

Ne pas joindre les pièces justificatives

Votre courrier sera bien plus efficace s’il est accompagné des copies du devis signé, de la preuve de versement de l’acompte, des échanges précédents (e-mails, SMS de relance) et, idéalement, de photos datées de l’état du chantier. D’après notre expérience terrain, un dossier bien documenté suffit souvent à relancer un artisan qui ne répondait plus.


Erreurs fréquentes
Ce qui affaiblit votre courrier vs ce qui le renforce
Erreur Conséquence Ce qu’il faut faire
Envoi en courrier simple L’artisan peut prétendre ne jamais l’avoir reçue. Aucune preuve en justice. Envoi en LRAR systématique
Description vague des travaux Facilement contestable. L’artisan peut nier la portée de ses engagements. Citer le n° de devis, dates, montants, nature exacte
Pas de références juridiques Le courrier reste une simple relance, sans valeur de mise en demeure. Mentionner art. 1103, 1217, 1231-1, 1344
Pas de délai précis « Dès que possible » n’est pas recevable. Aucun point de départ pour agir. Fixer 15 jours calendaires (ou 30 si chantier complexe)
Aucune pièce jointe Le courrier manque de poids. Difficulté à prouver le préjudice. Joindre devis, preuves de paiement, relances, photos

Pourquoi faire appel à un expert en bâtiment avant d’envoyer votre lettre

Une lettre de mise en demeure est un premier pas. Mais dans de nombreux cas, elle ne suffit pas à elle seule à résoudre le problème, surtout quand le chantier a été abandonné et que des dégâts se sont accumulés.

Constater et documenter l’état réel du chantier

Quand un artisan abandonne un chantier, les dégâts ne se limitent pas toujours à ce qui est visible. Un mur porteur mal étayé, des infiltrations d’eau par une toiture inachevée, des gaines électriques exposées aux intempéries : ces désordres évoluent avec le temps et aggravent le préjudice. Pour savoir comment reconnaître une malfaçon et distinguer un simple inachèvement d’un véritable vice de construction, l’intervention d’un expert en bâtiment est souvent décisive. Il constate l’état réel du chantier, identifie les risques et chiffre précisément le coût de reprise des travaux.

Un propriétaire à Vitry-sur-Seine nous a contactés après six mois sans nouvelles de son artisan. La rénovation de sa toiture avait été interrompue à mi-chantier. Lors de notre visite, nous avons constaté des infiltrations dans les combles qui avaient endommagé la charpente et provoqué des moisissures dans deux chambres. Le coût de reprise estimé dans notre rapport dépassait largement l’acompte versé. Ce rapport a permis au propriétaire d’obtenir le remboursement intégral de l’acompte et une indemnisation complémentaire pour les dégâts constatés.

Produire un rapport opposable en cas de procédure

Le rapport d’expertise indépendant est un document technique détaillé qui décrit les travaux prévus, les travaux réellement exécutés (ou non exécutés), les désordres constatés, les risques pour la sécurité et la salubrité du logement, et le coût estimé de remise en état. Ce rapport est opposable : il peut être produit devant un tribunal, devant un assureur, ou dans le cadre d’une médiation.

C’est un élément que les modèles de lettre que vous trouvez en ligne ne mentionnent presque jamais, et pourtant, c’est souvent ce qui fait basculer un dossier. Un courrier de mise en demeure accompagné d’un rapport d’expertise a un poids incomparable face à un courrier seul.

Évaluer les garanties mobilisables

Selon la nature des travaux et leur avancement, plusieurs garanties peuvent jouer en votre faveur. Si les travaux avaient été réceptionnés partiellement, la garantie décennale (article 1792 du Code civil) peut couvrir certains désordres structurels. La garantie de parfait achèvement (article 1792-6) impose à l’entrepreneur de réparer tous les désordres signalés dans l’année suivant la réception. Un expert indépendant vous aide à identifier les garanties applicables à votre situation et à les activer correctement.


Votre dossier avec ou sans rapport d’expertise
L’impact concret sur la suite de votre procédure
Sans expertise
Courrier seul, sans constat technique
Préjudice difficile à chiffrer précisément
Dégâts cachés potentiellement non identifiés
Pas de document opposable en tribunal
Garanties mobilisables non identifiées
VS
Avec expertise
Constat photographique et technique daté
Coût de reprise chiffré poste par poste
Désordres cachés identifiés (infiltrations, structure)
Rapport opposable en justice et en médiation
Garanties applicables identifiées (décennale, parfait achèvement)
Constat terrain Score Expertises : un dossier accompagné d’un rapport d’expertise indépendant aboutit plus souvent à une résolution favorable, que ce soit en phase amiable ou devant le tribunal.

Que faire si l’artisan ne répond pas à votre mise en demeure ?

Vous avez envoyé votre lettre recommandée, le délai de 15 jours est écoulé, et l’artisan n’a pas donné signe de vie. Voici les étapes à suivre, dans l’ordre.

La médiation ou la conciliation

Pour les litiges dont le montant ne dépasse pas 5 000 euros, la tentative de résolution amiable (médiation ou conciliation) est un préalable obligatoire avant de saisir le tribunal, conformément à l’article 750-1 du Code de procédure civile. Vous pouvez saisir un conciliateur de justice gratuitement. Cette étape prend généralement entre 2 et 4 semaines.

La saisine du tribunal

Si la médiation échoue ou si le montant du litige dépasse 5 000 euros, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire. En dessous de 5 000 euros, vous pouvez agir seul devant le tribunal de proximité. Au-delà de 10 000 euros, le recours à un avocat est obligatoire.

Le tribunal peut ordonner l’exécution forcée des travaux, la résolution du contrat avec restitution des sommes versées, et le versement de dommages et intérêts pour le préjudice subi. C’est à cette étape que le rapport d’expertise prend toute sa valeur : il fournit au juge les éléments techniques nécessaires pour évaluer le préjudice.

Le signalement aux organismes compétents

En parallèle de vos démarches judiciaires, vous pouvez signaler l’artisan défaillant auprès de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) via la plateforme SignalConso. Ce signalement ne remplace pas la procédure judiciaire, mais il contribue à protéger d’autres particuliers.


Parcours de recours
Après 15 jours sans réponse : les étapes suivantes
1
Médiation ou conciliation
2 à 4 semaines Gratuit (conciliateur de justice)
Obligatoire si le litige est inférieur à 5 000 euros (article 750-1 du Code de procédure civile). Vous saisissez un conciliateur de justice qui tente de trouver un accord entre les deux parties.
2
Saisine du tribunal
Plusieurs mois Avocat obligatoire au-delà de 10 000 euros
Le tribunal peut ordonner l’exécution forcée des travaux, la résolution du contrat avec restitution de l’acompte, et des dommages et intérêts. C’est ici que le rapport d’expertise prend toute sa valeur.
3
Signalement DGCCRF
En parallèle Gratuit (SignalConso)
Ne remplace pas la procédure judiciaire, mais contribue à protéger d’autres particuliers. Le signalement est enregistré et peut déclencher un contrôle de l’artisan.

La checklist avant d’envoyer votre lettre de mise en demeure

Avant de poster votre courrier, vérifiez que vous avez bien réuni tous les éléments suivants. Cette checklist est basée sur les dossiers que nous traitons quotidiennement chez Score Expertises.

Documents à rassembler : copie du devis signé par les deux parties, preuve du versement de l’acompte (relevé bancaire, reçu), historique des échanges avec l’artisan (e-mails, SMS, appels), photos datées de l’état actuel du chantier, copie du contrat d’assurance de l’artisan si vous la possédez.

Vérifications du courrier : les termes « mise en demeure » apparaissent explicitement dans le courrier, le délai fixé est précis et raisonnable (15 jours calendaires), les articles de loi sont cités (1103, 1217, 1231-1, 1344 du Code civil), les conséquences en cas de non-réponse sont clairement indiquées, le courrier est envoyé en LRAR.

Actions complémentaires recommandées : faire constater l’état du chantier par un expert en bâtiment indépendant si le chantier a été abandonné, si des dégâts sont apparus, ou si le montant en jeu dépasse quelques milliers d’euros. Conserver une copie de chaque document envoyé et reçu.

Chaque situation est différente. Si votre litige porte plutôt sur des réparations mal faites que sur des travaux non démarrés, consultez notre modèle de lettre de mise en demeure pour réparation. Si vous avez un doute sur la démarche à suivre ou sur le contenu de votre courrier, un appel suffit pour faire le point avec un expert.

Diagnostic téléphonique gratuit : 07 81 33 50 36

Premier échange sans engagement, du lundi au vendredi.


Votre dossier est-il complet ?
Vérifiez chaque point avant de poster votre recommandé.
Documents à rassembler
Devis signé par les deux parties
Preuve de paiement de l’acompte
Historique des échanges (e-mails, SMS)
Photos datées de l’état du chantier
Copie de l’assurance de l’artisan (si disponible)
Vérifications du courrier
Termes « mise en demeure » explicites
Délai précis (15 jours calendaires)
Articles de loi cités (1103, 1217, 1231-1, 1344)
Conséquences clairement indiquées
Envoi en LRAR
Un doute sur votre dossier ? Un expert évalue votre situation et vous dit exactement quoi inclure avant d’envoyer.
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Questions fréquentes

Quel délai accorder à l’artisan dans la mise en demeure ?

Un délai de 15 jours calendaires est généralement considéré comme raisonnable par les tribunaux pour des travaux de rénovation courante. Pour des chantiers plus complexes (construction, extension, toiture), vous pouvez accorder jusqu’à 30 jours. L’essentiel est que le délai soit précis, réaliste par rapport à la nature des travaux, et mentionné noir sur blanc dans votre courrier.

Peut-on envoyer une mise en demeure par e-mail ?

Techniquement, l’article 1344 du Code civil parle d’un « acte portant interpellation suffisante », ce qui pourrait inclure un e-mail. Cependant, en pratique, seule la lettre recommandée avec accusé de réception offre une preuve juridique fiable de la date d’envoi et de réception. Nous recommandons systématiquement l’envoi en LRAR pour sécuriser votre dossier.

Que faire si l’artisan propose de reprendre les travaux après la mise en demeure ?

Si l’artisan répond et propose de reprendre le chantier, exigez un engagement écrit avec un calendrier précis (date de reprise, date de fin). Avant la reprise, faites constater l’état actuel du chantier par un expert indépendant. Cela vous protège en cas de nouveau litige sur l’étendue des travaux restants ou sur les dégâts survenus pendant la période d’abandon.

Combien coûte une expertise en bâtiment pour un chantier abandonné ?

Chez Score Expertises, une expertise sur site démarre à partir de 590 euros TTC. Le coût exact dépend de la complexité du chantier, de la surface concernée et de la nature des désordres à constater. Le rapport d’expertise détaillé est inclus. Premier diagnostic téléphonique gratuit et sans engagement au 07 81 33 50 36.

La mise en demeure est-elle obligatoire avant d’aller en justice ?

Dans la plupart des cas, oui. L’article 1231 du Code civil précise que les dommages et intérêts ne sont dus que si le débiteur a préalablement été mis en demeure. La mise en demeure prouve que vous avez tenté de résoudre le litige à l’amiable avant de saisir le tribunal. Sans ce courrier, votre demande risque d’être fragilisée, voire déclarée irrecevable selon le montant du litige.

Peut-on demander des dommages et intérêts en plus du remboursement ?

Oui. L’article 1231-1 du Code civil prévoit le versement de dommages et intérêts pour le préjudice subi du fait de l’inexécution ou du retard. Ce préjudice peut inclure les frais d’hébergement temporaire, le surcoût lié à l’intervention d’un autre professionnel, la perte de jouissance du logement, et les frais d’expertise. La clé, c’est de pouvoir documenter et chiffrer précisément chaque poste de préjudice, ce qu’un rapport d’expertise permet de faire.


L’essentiel
Une lettre bien rédigée, appuyée par un rapport d’expertise, change la suite des événements.
La mise en demeure est votre premier levier juridique. Associée à un constat technique indépendant, elle transforme un litige subi en dossier structuré. Ne restez pas seul face à un artisan défaillant.
+1 000
expertises par an
38 ans
d’expérience cumulée
590 €
TTC, à partir de
Diagnostic téléphonique gratuit : 07 81 33 50 36
Premier échange sans engagement, du lundi au vendredi.

Sources

Chaque situation est unique. Diagnostic téléphonique gratuit pour une évaluation personnalisée.