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Paiement des travaux et garantie décennale : vos droits

24 • Mai • 2026 | Travaux, Garantie décennale

Vous venez de régler la facture de votre artisan et, quelques mois plus tard, une fissure apparaît sur un mur porteur. Ou l’inverse : le chantier touche à sa fin, le résultat vous déçoit, et vous vous demandez si retenir le solde mettrait en danger votre protection. Le lien entre paiement des travaux et garantie décennale revient sans cesse dans les dossiers que nous traitons, et il est presque toujours mal compris.

La confusion est logique. On imagine que payer, c’est valider, et que ne pas payer, c’est se priver de recours. La réalité juridique est différente, et plutôt rassurante. Le paiement et la garantie décennale ne suivent pas le même calendrier, ne dépendent pas l’un de l’autre, et ne se déclenchent pas par le même acte.

Cette page vous explique ce qui relie vraiment ces deux notions, comment payer un chantier sans se mettre en danger, ce que vous pouvez faire face à des malfaçons, et comment savoir quelle garantie joue selon le désordre constaté. L’objectif : que vous sachiez exactement où vous en êtes avant de signer un chèque ou d’en retenir un.

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01 · Une idée reçueLe paiement des travaux ne déclenche pas la garantie décennale

Commençons par la réponse directe, celle qui surprend la plupart des propriétaires. Le paiement des travaux n’a aucune incidence sur l’existence de la garantie décennale. Vous pouvez avoir réglé l’intégralité de votre facture, ou au contraire conserver une partie du solde, la protection de dix ans court de la même manière. Ce qui la déclenche, c’est un autre acte, à un autre moment.

Les trois temps financiers d’un chantier

Paiement

Acompte

Versé à la signature, pour lancer le chantier. Aucune garantie légale ne court encore.

Déclencheur

Réception

L’acte qui ouvre la décennie de protection. Indépendant du règlement du solde.

Paiement

Solde

Versé après réception. Le retenir n’éteint pas la garantie déjà déclenchée.

Deux étapes sur trois sont des paiements. Une seule déclenche la garantie : la réception.

Cette indépendance n’est pas une faveur que vous accorde la loi. Elle découle de la nature même de la garantie décennale, qui est une assurance obligatoire pesant sur le constructeur. Une assurance ne s’éteint pas parce qu’un client a un litige financier avec son artisan.

Comment se paie un chantier, étape par étape

En France, un chantier de construction ou de rénovation ne se règle jamais en une seule fois. Le paiement est échelonné, et cet échelonnement protège autant le client que le professionnel. Un acompte modéré est versé à la signature pour engager les deux parties et financer les premiers matériaux. Des versements intermédiaires suivent, calés sur l’avancement réel des travaux. Le solde, lui, intervient en toute fin de parcours, autour de la réception.

Le devis signé sert de référence légale à cet échéancier. Il fixe le montant de chaque versement et le moment où il devient exigible. C’est ce document, et non une demande verbale de l’artisan, qui détermine ce que vous devez payer et quand. Conservez-le, ainsi que chaque facture, car sans facture vous n’avez aucune preuve d’un paiement effectué.

Le piège du versement anticipé

Une erreur revient souvent dans les dossiers que nous voyons : payer en avance sur l’avancement. Si le devis prévoit un versement à mi-parcours et que le chantier n’en est qu’au tiers, rien ne vous oblige à céder à la pression. Un professionnel sérieux comprend qu’un paiement suit l’avancement, pas l’inverse. Une demande de versement anticipé, surtout insistante, mérite la plus grande prudence.

La règle est simple : le paiement reste toujours en retrait de l’avancement réel, jamais en avance. Cette discipline vous garde un moyen de pression naturel jusqu’à la fin du chantier. Le jour où un artisan ralentit ou abandonne, le propriétaire qui a déjà tout payé n’a plus aucun levier. Celui qui a réglé au rythme des travaux conserve, lui, une marge de négociation.

Ce qui déclenche vraiment la garantie : la réception

La garantie décennale, comme la garantie de parfait achèvement et la garantie biennale, démarre à la date de réception des travaux. Pas à la signature du devis, pas au versement de l’acompte, pas au paiement du solde. La réception est l’acte juridique qui marque la fin officielle du chantier et le début de la décennie de protection.

Concrètement, le jour où vous réceptionnez, un compteur démarre. Pendant dix ans, le constructeur reste responsable des désordres graves qui affecteraient la solidité de l’ouvrage ou le rendraient impropre à son usage. Ce mécanisme repose sur la présomption de responsabilité posée par l’article 1792 du Code civil, héritée de la loi Spinetta de 1978.

Solde non réglé : la garantie reste-t-elle valable ?

Oui. Si vous n’avez pas versé le solde final, la garantie décennale s’applique malgré tout, à partir du moment où la réception a bien eu lieu. Les praticiens du droit de la construction le confirment : la garantie décennale s’active dès la réception des travaux, même lorsque le maître d’ouvrage n’a pas encore réglé le solde.

Il faut toutefois nuancer un point pratique. Un impayé peut compliquer vos relations avec l’artisan au quotidien, par exemple s’il s’agit de faire intervenir ce même professionnel au titre de la garantie de parfait achèvement. La garantie décennale, elle, se déclenche auprès de l’assureur décennal, ce qui change la donne. Le litige financier et la mise en jeu de la garantie ne passent pas par les mêmes interlocuteurs.

L’erreur fréquente qui coûte cher aux propriétaires

L’erreur la plus répandue consiste à croire qu’il faut tout finaliser avant de penser garantie. Certains propriétaires retardent une réception parce qu’un détail financier n’est pas réglé, pensant se protéger. C’est l’inverse qui se produit. Tant que la réception n’a pas eu lieu, aucune garantie légale ne court, et le moindre désordre relève d’un régime moins favorable.

Dans notre expérience chez Score Expertises, beaucoup de dossiers difficiles viennent d’une réception floue, mal datée ou jamais formalisée. Le propriétaire pensait gagner du temps, il a en réalité retardé le point de départ de sa propre protection. Si vous vous interrogez sur la marche à suivre face à des travaux qui dérapent, notre page sur les travaux mal faits et le refus de paiement légal détaille les options concrètes.

À retenir

Le paiement du solde n’a aucun effet sur l’existence de la garantie décennale. C’est la réception des travaux qui ouvre la décennie de protection. Payez toujours au rythme de l’avancement, jamais en avance, et ne retardez pas une réception pour un motif financier.

« Tant que la réception n’a pas eu lieu, aucune garantie légale ne court. Retarder ce moment revient à retarder sa propre protection. »

02 · L’acte pivotLa réception des travaux, l’acte qui change tout

Puisque tout repose sur la réception, encore faut-il comprendre ce qu’elle est vraiment. Ce n’est pas une visite informelle, ni une poignée de main en fin de chantier. C’est un acte juridique encadré, dont la forme et le contenu décident de l’étendue de vos droits pour les dix années à venir.

Frise des garanties légales

Toutes courent à partir de la réception, jamais à partir du paiement.

Réception jour 0 1 an parfait achèvement 2 ans garantie biennale 10 ans garantie décennale DURÉE DE PROTECTION DU MAÎTRE D’OUVRAGE

Ce que dit l’article 1792-6 du Code civil

L’article 1792-6 du Code civil définit la réception comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage, avec ou sans réserves. Elle intervient à la demande de la partie la plus diligente, à l’amiable ou, à défaut, par voie judiciaire, et elle est prononcée contradictoirement.

Cette définition a une portée pratique immense. La réception est la charnière entre la phase de construction et la phase de protection juridique. Avant elle, le régime applicable est celui de la responsabilité contractuelle classique. Après elle, vous bénéficiez du parfait achèvement pendant un an, de la garantie biennale pendant deux ans, et de la décennale pendant dix ans. Un même article de loi déclenche donc trois protections d’un coup.

Réception avec ou sans réserves : la différence décisive

Vous pouvez réceptionner de deux façons. Sans réserves, vous acceptez l’ouvrage tel qu’il est livré. Avec réserves, vous acceptez l’ouvrage mais consignez par écrit les défauts visibles que vous constatez le jour J. Cette distinction est l’une des plus lourdes de conséquences dans tout le droit de la construction.

Un défaut apparent que vous n’avez pas réservé devient beaucoup plus difficile à faire reprendre ensuite. C’est pourquoi la réception ne doit jamais être expédiée. Il faut inspecter méthodiquement, noter chaque anomalie, même mineure en apparence, et exiger qu’elle figure au procès-verbal. Une finition bâclée, une porte qui ferme mal, une fissure naissante : tout se consigne.

Le procès-verbal, votre preuve opposable

Le procès-verbal de réception est le document qui matérialise tout cela. Il fixe la date de réception, donc le point de départ des garanties, et il liste les réserves. En cas de litige ultérieur, c’est la pièce de référence. Un procès-verbal précis et daté est une arme. Un procès-verbal vague, ou absent, est un handicap.

Sur ce point, la jurisprudence est instructive. Lorsqu’un désordre réservé évolue et s’aggrave au point de compromettre la solidité de l’ouvrage, la voie décennale peut s’ouvrir. Mais si le désordre constaté est strictement celui qui avait été réservé, sans aggravation cachée, la garantie décennale reste fermée. La qualité de la réception et la précision du constat pèsent donc lourd, parfois pendant toute une décennie.

Pourquoi se faire accompagner le jour de la réception

Réceptionner seul, c’est inspecter un ouvrage technique avec un œil de non-spécialiste, dans un moment souvent chargé d’émotion. Beaucoup de propriétaires signent un procès-verbal sans réserve par méconnaissance, simplement parce qu’ils ne savent pas quoi regarder ni comment décrire ce qu’ils voient. Les défauts les plus coûteux sont rarement les plus visibles.

L’accompagnement par un expert en bâtiment lors de la réception change la donne. Il sait repérer les anomalies de structure, d’étanchéité ou de mise en œuvre, et surtout les formuler de façon précise et opposable dans le procès-verbal. C’est une mission que nous réalisons régulièrement, en VEFA comme en marché de travaux classique, et que détaille notre page sur le suivi des travaux.

À retenir

La réception fixe la date de départ de toutes vos garanties. Réceptionner sans réserves un ouvrage qui présente des défauts visibles vous prive d’une partie de vos recours. Le procès-verbal détaillé est votre preuve opposable pendant dix ans.

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03 · Vos droitsMalfaçons : avez-vous le droit de retenir le paiement ?

C’est la question qui revient le plus souvent quand le chantier se passe mal. Les travaux ne correspondent pas au devis, les finitions sont ratées, un équipement ne fonctionne pas, et la tentation est grande de bloquer le règlement. La réponse est nuancée : vous avez des droits réels, mais les exercer mal peut se retourner contre vous.

1

Constater et documenter

Photos, liste précise des défauts, comparaison au devis. Sans constat, aucune retenue n’est défendable.

Avant toute retenue
2

Mettre en demeure par écrit

Lettre recommandée détaillant les défauts et fixant un délai de correction. Étape préalable quasi obligatoire.

Formalise le litige
3

Retenir, proportionné

La somme retenue doit rester en rapport avec le défaut. Bloquer tout le solde pour un détail vous fragilise.

Avec prudence

Retenir le solde, oui, mais jamais sans justification

Un maître d’ouvrage peut, dans certaines limites, retenir une partie du paiement face à des malfaçons constatées. La retenue doit toutefois rester proportionnée au défaut et solidement justifiée. Retenir l’intégralité d’un solde pour un désordre mineur, ou retenir sans avoir formalisé la moindre réclamation, vous expose à être considéré comme le mauvais payeur du dossier.

L’article 1217 du Code civil rappelle d’ailleurs que le non-paiement peut entraîner des conséquences, y compris la suspension des travaux ou des poursuites. Le rapport de force n’est jamais à sens unique. La retenue est un levier, à condition d’être maniée avec méthode et preuve à l’appui.

La mise en demeure, étape obligatoire avant tout blocage

Avant de bloquer un paiement, il faut formaliser. La mise en demeure adressée à l’artisan, par lettre recommandée avec accusé de réception, détaille les défauts constatés et demande leur correction dans un délai raisonnable. C’est une étape préalable quasi incontournable avant toute action contentieuse, et c’est aussi ce qui transforme une retenue subie en retenue motivée.

Lettre de mise en demeure pour réparation devant un mur endommagé, étape préalable avant de retenir un paiement de travaux

La mise en demeure écrite transforme une retenue de paiement subie en démarche motivée et documentée.

Pour vous aider sur cette démarche, le cabinet met à disposition des modèles de courriers, notamment une lettre type de mise en demeure pour réparation et un modèle de lettre de mise en demeure pour travaux non conformes. Ces courriers constituent la première brique de votre dossier.

Les risques d’un impayé mal motivé

Un impayé qui n’est appuyé sur aucun écrit, aucune mise en demeure, aucun constat technique, est fragile. Devant un juge, le propriétaire peut alors être condamné à payer, parfois malgré l’existence réelle de défauts, simplement parce que la malfaçon n’a pas été établie dans les formes. À l’inverse, lorsque les désordres sont avérés, l’artisan doit les reprendre ou indemniser.

C’est précisément là que le regard d’un expert indépendant change le dossier. Établir techniquement la réalité d’une malfaçon, sa cause et son ampleur, transforme une contestation verbale en pièce solide. Notre rôle n’est pas de remplacer un avocat, mais de fournir le constat technique opposable sur lequel s’appuie ensuite toute la procédure. Pour aller plus loin, consultez nos pages sur les malfaçons de travaux, vos droits et garanties et sur l’indemnisation des malfaçons, démarches et recours.

À retenir

Retenir le solde est possible, mais jamais sans mise en demeure écrite et sans constat technique. Un impayé non motivé peut vous faire condamner à payer, même quand les défauts existent réellement.

04 · Le bon régimeQuelle garantie pour quel désordre après paiement

Une fois les travaux payés et réceptionnés, un désordre qui apparaît ne relève pas automatiquement de la décennale. Tout dépend de sa nature et de sa gravité. Confondre les régimes fait perdre du temps, et parfois des droits. Voici les quatre garanties à connaître et ce qu’elles couvrent.

Parfait achèvement

1 an

Couvre tous les désordres signalés à la réception ou apparus dans l’année. C’est l’entrepreneur qui reprend, quel que soit le défaut. Garantie large mais courte.

Garantie biennale

2 ans

Concerne les éléments d’équipement dissociables du bâti : volets, robinetterie, chauffe-eau, interrupteurs. Le professionnel répare ou remplace l’élément.

Garantie décennale

10 ans

Vise les dommages graves : atteinte à la solidité de l’ouvrage, ou désordre rendant le bien impropre à sa destination. Seuil de gravité élevé.

Dommages-ouvrage

en parallèle

Assurance souscrite par le maître d’ouvrage avant le chantier. Elle préfinance les réparations relevant de la décennale, sans attendre la recherche de responsabilité.

Lire la gravité d’une fissure

Toutes les fissures ne relèvent pas de la décennale. La forme et la profondeur orientent le diagnostic.

Microfissure de surface SOUVENT BÉNIGNE mur porteur Fissure traversante en escalier PEUT ENGAGER LA DÉCENNALE

Le cœur du sujet est la qualification du désordre. Une fissure n’est pas, en soi, un sinistre décennal. Tout dépend de sa profondeur, de sa localisation, de son évolution et de son effet sur la structure. Une microfissure de surface relève rarement de la décennale, là où une fissure traversante sur un mur porteur peut clairement la mettre en jeu.

Cette qualification est rarement évidente à l’œil nu, et c’est souvent là que naissent les litiges avec l’assureur. Un assureur a tout intérêt à classer un désordre dans une garantie courte ou hors garantie. L’expertise indépendante sert à objectiver ce point. Pour comprendre la frontière entre désordres bénins et graves, nos pages sur la fissure de maison et quand s’inquiéter et sur la façon de faire marcher la garantie décennale en cas de malfaçon détaillent les critères concrets.

À retenir

Un désordre après paiement peut relever du parfait achèvement, de la biennale, de la décennale ou des dommages-ouvrage. C’est la qualification du défaut, sa nature et sa gravité, qui décide, pas son moment d’apparition.

« Un assureur a tout intérêt à classer un désordre dans une garantie courte. L’expertise indépendante sert à objectiver ce point. »

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05 · Le cas difficileL’artisan n’a pas d’assurance décennale : que faire

C’est l’une des situations les plus stressantes. Vous découvrez, parfois après le sinistre, que le professionnel qui a réalisé vos travaux n’avait pas d’assurance décennale. La couverture n’a pas disparu pour autant : elle existe en droit, mais son activation devient plus longue et plus incertaine.

Trois leviers selon le moment où vous agissez

Avant le chantier

Exiger l’attestation

Demander le document, vérifier que l’activité couverte correspond aux travaux prévus et la période de validité.

Sinistre survenu

Engager la responsabilité

Action devant le tribunal judiciaire. L’artisan finance les réparations sur ses fonds, sous réserve de solvabilité.

En appui

Activer la dommages-ouvrage

Si elle a été souscrite avant le chantier, elle préfinance les réparations sans attendre la recherche de responsabilité.

Comment vérifier l’attestation avant de signer

La meilleure protection se joue avant le chantier. Tout constructeur doit pouvoir présenter une attestation d’assurance décennale, mentionnant l’activité couverte et la période de validité. Demandez ce document, lisez-le, et vérifiez que l’activité décrite correspond bien aux travaux prévus. Une attestation pour de la peinture ne couvre pas du gros œuvre.

L’absence d’assurance décennale n’est pas une simple négligence administrative. C’est une infraction. La loi prévoit des sanctions pénales lourdes pour le professionnel qui exerce sans cette couverture obligatoire. Un artisan sérieux fournit son attestation sans difficulté ; une réticence sur ce point est un signal d’alerte qu’il ne faut pas ignorer.

Vos recours si le sinistre est déjà là

Si le dommage est survenu et que l’artisan n’est pas assuré, vous n’êtes pas démuni. Vous pouvez engager sa responsabilité personnelle devant le tribunal compétent, le tribunal judiciaire pour les personnes privées. Le professionnel devra alors financer les réparations sur ses propres fonds, ce qui suppose toutefois qu’il soit solvable.

Si vous aviez souscrit une assurance dommages-ouvrage, elle prend ici tout son sens : elle préfinance les réparations relevant de la décennale sans attendre l’issue de la recherche de responsabilité. C’est l’une des raisons pour lesquelles cette assurance, souvent négligée par les particuliers, est précieuse. Elle vous évite d’avancer plusieurs milliers d’euros en attendant un jugement.

Le rôle de l’expert pour chiffrer et prouver le dommage

Dans tous ces cas de figure, une action en justice ne tient que si le dommage est établi et chiffré. C’est la fonction de l’expertise indépendante : décrire le désordre, en déterminer la cause, évaluer son ampleur et le coût des reprises, dans un rapport opposable. Sans ce document, le dossier repose sur des affirmations ; avec lui, il repose sur des faits techniques.

Constat de malfaçon de travaux avec fissures sur un mur et un carrelage, base d'un rapport d'expertise opposable

Un constat technique précis des malfaçons transforme une contestation verbale en pièce solide pour votre dossier.

Le cabinet Score Expertises, animé par Nydia Doukhi, ingénieure en génie civil agréée S.N.E.I., intervient précisément sur cette mission. L’expertise contradictoire permet de confronter les points de vue en présence de toutes les parties. Pour les litiges les plus lourds, notre page sur l’assistance en expertise contradictoire et judiciaire détaille la marche à suivre, et celle sur le rôle d’un expert du bâtiment vous aide à bien choisir.

À retenir

Un artisan sans décennale reste responsable, mais le recours dépend de sa solvabilité. Vérifiez l’attestation avant de signer. Si le sinistre est là, un rapport d’expertise chiffré et opposable est ce qui rend votre action solide.

06 · L’essentielPaiement et garantie : une question d’équilibre

Le paiement des travaux ne vous prive jamais de vos droits liés à la garantie décennale, mais encore faut-il respecter les étapes qui sécurisent votre position. Avec des vérifications préalables, une réception soignée et une documentation rigoureuse, vous abordez chaque situation en position de force plutôt qu’en réaction.

Ce qu’il faut garder en tête

La garantie décennale s’active à la réception, jamais au paiement du solde.

Payez au rythme de l’avancement, jamais en avance sur les travaux faits.

Un procès-verbal détaillé, avec réserves, protège vos droits dix ans.

Retenir le solde se fait avec mise en demeure écrite, jamais à l’aveugle.

Un dernier mot sur le coût, parce que la question revient toujours. La majorité de nos expertises sont à 590 € TTC, quel que soit le sujet, fissures, malfaçons, litige de paiement ou conseil avant réception. Ce tarif unique est un choix de positionnement : la concurrence est rude en Île-de-France, certains cabinets démarrant à 900 € sur les seules fissures, et nous tenons à rester accessibles. Rapporté à un litige qui peut porter sur plusieurs milliers d’euros de travaux, un constat technique fiable coûte rarement cher. Et le premier diagnostic téléphonique, lui, est gratuit.

À retenir

Vous ne perdez jamais votre garantie décennale en retenant un paiement justifié. La sécurité tient à la méthode : vérifier, réceptionner avec soin, documenter, et faire qualifier le désordre par un expert indépendant.

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Chaque situation est unique. 15 à 20 minutes avec un expert pour y voir clair. Sans engagement, sans devis imposé.

Vos questions les plus fréquentes sur le paiement des travaux et la garantie décennale

Si je n’ai pas payé le solde, ma garantie décennale est-elle annulée ?

Non. La garantie décennale s’active à la réception des travaux, indépendamment du paiement. Un solde non réglé ne supprime pas votre protection de dix ans. Le litige financier avec l’artisan et la mise en jeu de la garantie auprès de l’assureur décennal sont deux démarches distinctes, qui ne passent pas par les mêmes interlocuteurs.

Puis-je refuser de payer si les travaux sont mal faits ?

Vous pouvez retenir une partie du paiement, mais à condition que la retenue soit proportionnée au défaut et justifiée par écrit. Une mise en demeure par lettre recommandée est l’étape préalable. Un impayé non motivé peut vous faire condamner à payer, même si les malfaçons existent réellement. Le constat technique sécurise la démarche.

Une fissure apparue après paiement relève-t-elle toujours de la décennale ?

Pas automatiquement. La garantie décennale ne joue que pour les désordres graves, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à son usage. Une microfissure de surface en relève rarement, une fissure traversante sur un mur porteur peut clairement l’engager. Seule une analyse technique permet de qualifier précisément le désordre.

Combien coûte une expertise pour un litige de paiement de travaux ?

La majorité de nos expertises sont à 590 € TTC, quel que soit le sujet, fissures, humidité, malfaçons, VEFA, conseil avant achat. Ce tarif unique est un choix de positionnement : la concurrence est rude en Île-de-France, nous tenons à rester accessibles. Le devis dépasse rarement ce montant, sauf cas spécifiques comme les très grandes copropriétés où le périmètre peut justifier un tarif jusqu’à 900 € TTC. Le premier diagnostic téléphonique est gratuit et sans engagement.

Mon artisan n’a pas d’assurance décennale, ai-je encore un recours ?

Oui. Vous pouvez engager sa responsabilité personnelle devant le tribunal judiciaire, mais le recouvrement dépend de sa solvabilité. Si vous aviez souscrit une assurance dommages-ouvrage, elle préfinance les réparations relevant de la décennale. Dans tous les cas, un rapport d’expertise qui établit et chiffre le dommage est ce qui rend votre action crédible.

Rédigé par l’experte

Nydia Doukhi

Experte en bâtiment · Ingénieure génie civil · Agréée S.N.E.I. · 10+ ans

Nydia Doukhi dirige le cabinet Score Expertises à Saint-Maur-des-Fossés. Spécialiste des pathologies structurelles, des fissures, des sinistres et des litiges d’assurance construction, elle réalise plus de 1000 expertises par an dans Paris et l’Île-de-France, dont de nombreuses expertises contradictoires sur des chantiers en litige.

Sources

Chaque situation est unique. Diagnostic téléphonique gratuit.