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Mouvement de terrain : comprendre le phénomène et protéger votre bien

3 • Juin • 2026 | Terrain

Une fissure qui s’allonge sur une façade. Une porte qui ferme mal du jour au lendemain. Un sol de carrelage qui semble s’incliner. Ces signes, beaucoup de propriétaires les découvrent sans savoir qu’ils ont une cause commune et invisible : le sol bouge sous la maison.

Le mouvement de terrain n’est pas qu’une affaire de montagne ou de catastrophe spectaculaire. En Île-de-France comme ailleurs, il prend le plus souvent une forme lente, discrète, et il s’attaque directement au bâti. Pour un propriétaire, la difficulté est double : comprendre ce qui se passe réellement sous ses pieds, et savoir si les désordres constatés relèvent d’un simple vieillissement ou d’un problème structurel sérieux.

Cette page vous donne une lecture claire du phénomène. Vous comprendrez ce qu’est un mouvement de terrain, les formes qu’il peut prendre, pourquoi il fissure les maisons, et surtout quoi faire si votre bien est concerné. L’objectif n’est pas de vous alarmer, mais de vous permettre de distinguer le bénin du préoccupant, et d’agir au bon moment.

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Cabinet agréé Syndicat National des Experts Immobiliers

01 · Poser les basesQu’est-ce qu’un mouvement de terrain ?

Un mouvement de terrain est un déplacement, plus ou moins brutal, du sol ou du sous-sol sous l’effet de la gravité. La masse concernée peut être de quelques mètres cubes ou de plusieurs millions. Le déplacement peut se compter en millimètres par an ou en centaines de mètres par jour. Derrière ce terme se cache donc une famille très large de phénomènes.

Pour un propriétaire, l’essentiel tient en une idée simple. Le sol n’est pas une base inerte et définitivement stable. Il vit, il se charge en eau, il se rétracte, il se tasse. Quand ce mouvement devient inégal d’un point à l’autre d’une construction, le bâti suit, et il se fissure.

Mouvements lents

Quelques millimètres par an. Déformation continue et progressive du sol.

Peu de victimes, mais des désordres qui s’installent sans alerte.

Retrait-gonflement des argiles, certains affaissements de cavités.

Mouvements brutaux

Jusqu’à des centaines de mètres par jour. Survenue souvent sans signe précurseur.

Plus dangereux pour les personnes, mise en sécurité immédiate.

Effondrements de cavités, chutes de blocs, coulées de boue.

Pour une maison francilienne, c’est presque toujours la catégorie lente et silencieuse qui finit par poser problème.

Une définition simple : le sol qui se déplace

Avant d’arracher une route ou d’ensevelir une parcelle, un mouvement de terrain commence toujours par un déséquilibre. Une force, une pression ou un affaiblissement vient perturber l’équilibre du sol. La terre change alors de position, en surface ou en profondeur.

Ce déplacement dépend de nombreux paramètres : la nature du sol, la disposition des couches géologiques, la configuration des lieux et la météo. C’est pourquoi deux maisons voisines peuvent réagir très différemment au même épisode de sécheresse ou de pluie.

Mouvements lents et mouvements brutaux

La première distinction utile oppose les phénomènes lents et les phénomènes rapides. Les mouvements lents, comme le retrait-gonflement des argiles ou certains affaissements, sont continus et progressifs. Ils font peu de victimes, mais ils sont redoutables pour les bâtiments, car les désordres s’installent sans que personne ne s’en alarme immédiatement.

Les mouvements rapides, comme les effondrements de cavités ou les chutes de blocs, surviennent brutalement, souvent sans signe précurseur. Ils sont plus dangereux pour les personnes. Pour un propriétaire francilien, c’est presque toujours la première catégorie, lente et silencieuse, qui finit par poser problème.

Origine naturelle ou origine humaine

Un mouvement de terrain peut être d’origine naturelle ou anthropique, c’est-à-dire liée à l’activité humaine. Les phénomènes naturels sont déclenchés par la pluie, la sécheresse, le gel, un séisme ou l’érosion. Les phénomènes induits sont provoqués ou aggravés par l’homme : une mauvaise gestion des eaux, un terrassement mal maîtrisé, d’anciennes exploitations souterraines.

Dans la pratique, les deux se combinent souvent. Une ancienne carrière fragilise un sous-sol, une pluie intense déclenche l’évolution. Un sol argileux est naturellement sensible, un arbre mal placé ou une fuite de réseau accélère le désordre.

À retenir

Un mouvement de terrain est un déplacement du sol qui peut être lent ou brutal, naturel ou aggravé par l’homme. Pour une maison en Île-de-France, c’est surtout la forme lente et progressive qui crée des désordres durables.

02 · Reconnaître les typesLes grandes formes de mouvement de terrain

Le terme regroupe des phénomènes très différents. Les distinguer aide à comprendre ce qui peut concerner votre bien, et ce qui relève surtout des reliefs de montagne. Voici les quatre grandes familles à connaître.

Versants en pente

Glissement de terrain

Une masse de terre ou de roche glisse le long d’une pente, lentement ou rapidement.

Sous-sol creusé

Effondrement et affaissement

Le sol s’enfonce au-dessus d’un vide souterrain : carrière, gypse dissous, cavité.

Sols argileux

Retrait-gonflement des argiles

Les sols argileux gonflent avec l’humidité, se rétractent en période sèche.

Reliefs et fortes pluies

Chutes de blocs et coulées

Des blocs se détachent d’une falaise, ou un mélange d’eau et de terre dévale une pente.

Pour un propriétaire de maison en Île-de-France, deux de ces familles méritent une attention particulière : le retrait-gonflement des argiles, de très loin la cause de désordres la plus répandue, et l’affaissement de cavités souterraines, très présent dans certains secteurs du bassin parisien. Ce sont elles que nous détaillerons plus bas.

Le glissement de terrain peut aussi concerner un talus mal soutenu en plaine, mais il reste plus typique des zones de relief que de la région parisienne.

À retenir

Quatre familles à distinguer : glissement, effondrement, retrait-gonflement, coulée. Pour une maison francilienne, le retrait-gonflement des argiles et l’affaissement de cavités sont les deux risques réellement courants.

03 · Lire les désordresMouvement de terrain et fissures : ce que cela fait à votre maison

C’est le point qui intéresse le plus les propriétaires, et celui que les fiches institutionnelles traitent le moins. Quand le sol bouge, le bâti posé dessus subit des contraintes pour lesquelles il n’a pas été conçu. Le résultat le plus visible, ce sont les fissures.

MICROFISSURE D’ENDUIT · BÉNIGNE FISSURE STRUCTURELLE · À EXPERTISER < 0,2 mm Fine, superficielle, stable dans le temps Suit l’enduit, pas la maçonnerie Départ angle d’ouverture > 2 mm Suit les joints de maçonnerie Large, traversante, évolutive Engage le gros œuvre, signal de tassement
Tracé fin : désordre superficiel, souvent bénin
Tracé épais : désordre structurel, à faire expertiser

Pourquoi le sol qui bouge fissure le bâti

Une maison est rarement fragilisée parce que le sol descend de façon uniforme. Le vrai problème, c’est le tassement différentiel. Un coin de la construction s’enfonce plus qu’un autre, ou une façade bouge alors qu’une autre reste stable. La structure, rigide, ne peut pas suivre ce mouvement inégal. Elle se déforme, puis elle casse là où elle est la plus faible.

Dans le cas du retrait-gonflement, ce phénomène est bien documenté. Pendant une sécheresse, le sol argileux se rétracte surtout sous les façades exposées à l’évaporation, moins sous le cœur de la maison. Cette différence de teneur en eau crée des tassements pouvant atteindre plusieurs centimètres. La maçonnerie encaisse mal cet écart : les fissures liées à la sécheresse apparaissent.

Les signes qui doivent vous alerter

Certains signaux, pris isolément, sont banals. C’est leur accumulation ou leur évolution qui doit retenir l’attention. Parmi les indices fréquemment associés à un mouvement de sol : des fissures en escalier qui suivent les joints de la maçonnerie en partant des angles d’ouverture, des fissures qui s’élargissent au fil des mois en particulier après un été sec, des portes et fenêtres qui se mettent à coincer, un décollement entre deux éléments de la construction comme une terrasse qui s’écarte de la façade, des sols intérieurs qui paraissent pencher, et des fissures qui traversent le mur de part en part.

Microfissure d’enduit ou désordre structurel : ne pas confondre

Toutes les fissures ne se valent pas, et c’est une source d’angoisse inutile pour beaucoup de propriétaires. Une microfissure fine, superficielle, stable dans le temps, relève souvent du simple comportement de l’enduit qui travaille avec les variations de température. Elle n’engage pas la solidité du bâtiment.

Une fissure structurelle, elle, est plus large, traversante ou évolutive. Elle touche le gros œuvre et signale que la structure encaisse une contrainte anormale. Le problème, c’est qu’un œil non averti distingue très mal les deux. Une fissure jugée bénigne peut en réalité être le premier signe d’un tassement, et l’inverse est tout aussi vrai. Pour aller plus loin, notre guide sur les fissures de maison et le moment de s’inquiéter détaille les seuils utiles. C’est précisément le rôle d’une expertise que de trancher, mesures à l’appui.

Quand l’urgence est réelle

Quelques situations justifient de ne pas attendre. Une fissure qui s’ouvre rapidement, de plusieurs millimètres en quelques semaines, traduit un mouvement actif. Une fissure traversante associée à des portes bloquées et à un sol qui penche dessine un faisceau d’indices sérieux. Un effondrement partiel, même mineur, ou l’apparition d’un trou dans un terrain proche imposent une mise en sécurité immédiate.

Dans la majorité des dossiers que nous traitons, la situation n’est pas une urgence vitale, mais elle demande un constat rapide et méthodique. Plus le désordre est documenté tôt, plus la suite, assurance comme réparation, est solide.

« Une fissure jugée bénigne peut être le premier signe d’un tassement, et l’inverse est tout aussi vrai. Seule une expertise tranche, mesures à l’appui. »

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À retenir

Le sol qui bouge fissure le bâti par tassement différentiel. Fissures en escalier, ouvertures qui coincent, sols qui penchent : ces signes méritent un constat. Seule une expertise distingue de façon fiable la microfissure bénigne du désordre structurel.

04 · Comprendre l’origineQuelles sont les causes d’un mouvement de terrain ?

Le sol ne se dérobe jamais sans raison. Un mouvement de terrain résulte toujours d’un déséquilibre, et plusieurs facteurs agissent en général ensemble. On les classe en causes naturelles et causes humaines, mais la frontière est poreuse.

Causes naturelles

Fortes pluies. Le sol gorgé d’eau perd de sa cohésion et glisse ou se tasse.

Sécheresse. L’argile se rétracte et crée les tassements à l’origine des fissures.

Gel. L’eau infiltrée gèle, se dilate et fragilise la matière du sol.

Séisme. Déstabilise les pentes ; facteur secondaire en Île-de-France.

Causes humaines

Urbanisation. Modifie les pentes et imperméabilise les sols.

Terrassement. Réalisé sans étude, il déstabilise un talus voisin.

Gestion de l’eau. Gouttière, fuite, drainage absent concentrent l’humidité.

Anciennes carrières. Des vides qui s’effondrent des décennies plus tard.

Les causes naturelles

L’eau est le premier moteur. De fortes pluies saturent les terrains, alourdissent les couches de sol et diminuent la cohésion entre les particules. Un sol gorgé d’eau perd de sa résistance et devient plus susceptible de glisser ou de se tasser.

La sécheresse joue un rôle opposé mais tout aussi destructeur sur les sols argileux. En se rétractant, l’argile crée les tassements à l’origine des fissures. Le gel agit lui aussi : l’eau infiltrée dans les fissures du sol gèle, se dilate et fragilise la matière, un phénomène qui provoque de nombreux éboulements en montagne. Enfin, un séisme déstabilise les pentes et peut déclencher des glissements, même si ce facteur reste secondaire en Île-de-France.

Les causes humaines

L’activité humaine déclenche ou aggrave fréquemment les mouvements de terrain. Une urbanisation mal maîtrisée modifie les pentes naturelles et imperméabilise les sols, ce qui perturbe l’écoulement de l’eau. Un terrassement réalisé sans étude préalable peut déstabiliser un talus voisin.

La gestion de l’eau autour de la maison est un facteur sous-estimé. Une gouttière qui déverse au pied d’un mur, un drainage absent, une fuite de canalisation enterrée concentrent l’humidité à un endroit précis et créent un mouvement localisé. La végétation joue également un rôle : les racines d’arbres proches d’une maison assèchent le sol et accentuent le retrait des argiles. Les anciennes exploitations souterraines laissent quant à elles des vides qui peuvent s’effondrer des décennies après la fin de l’activité.

Le rôle aggravant du changement climatique

Le climat agit comme un amplificateur. L’alternance plus marquée entre des sécheresses intenses et des pluies extrêmes soumet les sols à des variations brutales d’humidité. Pour le retrait-gonflement des argiles, ce cycle est précisément le mécanisme déclencheur : plus il est violent et répété, plus les sols travaillent et plus le bâti souffre.

Cette évolution n’est pas une projection abstraite. Elle a conduit l’État à réviser la cartographie nationale du risque, comme nous le verrons pour l’Île-de-France. Les autorités constatent une extension réelle des zones exposées et une sinistralité en hausse depuis les sécheresses récentes.

À retenir

Pluie, sécheresse, gel et séisme côté nature ; urbanisme, terrassement, gestion de l’eau et anciennes carrières côté humain. Le changement climatique amplifie l’ensemble, en particulier le cycle sécheresse-pluie qui fait travailler les sols argileux.

05 · Le terrain francilienLe cas de l’Île-de-France : argiles et carrières souterraines

L’Île-de-France n’a ni hautes montagnes ni grandes falaises, ce qui pourrait laisser croire qu’elle est épargnée. C’est faux. La région cumule deux risques de mouvement de terrain qui touchent directement le bâti des particuliers : le retrait-gonflement des argiles et la présence d’anciennes cavités souterraines.

77 %

du territoire francilien hors Paris en exposition moyenne à forte au retrait-gonflement des argiles

55 %

du territoire métropolitain en aléa moyen ou fort, contre 48 % auparavant

9 janvier 2026

arrêté officialisant la nouvelle carte d’exposition, applicable au 1er juillet 2026

Sources : Institut Paris Région d’après BRGM ; BRGM, carte nationale d’exposition 2026.

Le retrait-gonflement des argiles dans le bassin parisien

Le bassin parisien est l’une des zones les plus argileuses de France. Selon les données de l’Institut Paris Région à partir de la cartographie du BRGM, près de 77 % du territoire francilien hors Paris se situe en zone d’exposition moyenne à forte au retrait-gonflement des argiles. Plusieurs centaines de milliers de maisons individuelles y sont potentiellement exposées.

L’enjeu vient de prendre de l’ampleur réglementaire. Un arrêté du 9 janvier 2026 a officialisé une nouvelle carte nationale d’exposition. À l’échelle du pays, la part du territoire en aléa moyen ou fort passe de 48 % à 55 %, et le nombre de maisons individuelles concernées passe de 10,4 à 12,1 millions, soit environ 61 % du parc. Cette carte sera annexée aux promesses de vente de terrains constructibles et aux contrats de construction de maisons individuelles conclus à compter du 1er juillet 2026.

Concrètement, pour un propriétaire francilien, une commune classée en zone d’aléa et une maison qui fissure après un été sec forment une combinaison qui doit conduire à un diagnostic. Ce n’est pas une fatalité, mais c’est un signal à prendre au sérieux, d’autant que le coût de réparation des fissures de maison grimpe vite quand le désordre n’est pas traité tôt.

Les anciennes carrières et le gypse en petite couronne

Le sous-sol parisien a été creusé pendant des siècles pour extraire la pierre à bâtir, la craie et le gypse. Ces anciennes carrières souterraines laissent des vides qui évoluent lentement. Leur dégradation peut se traduire en surface par un affaissement, une cuvette lente qui déforme le bâti, ou par un fontis, un effondrement localisé plus brutal.

À Paris et dans les trois départements de petite couronne, c’est l’Inspection Générale des Carrières qui assure la prévention de ce risque. Le gypse, présent dans le sous-sol, pose un problème particulier : il se dissout au contact de l’eau et peut créer des cavités, parfois volumineuses. Une infiltration, une fuite de réseau ou une modification des écoulements souterrains suffit à enclencher le processus.

Comment savoir si votre parcelle est exposée

Plusieurs outils publics permettent une première évaluation. Le site Géorisques recense, parcelle par parcelle, l’exposition au retrait-gonflement des argiles ainsi que les arrêtés de catastrophe naturelle de la commune. Pour Paris et la petite couronne, l’Inspection Générale des Carrières renseigne sur la présence d’anciennes cavités.

Ces consultations donnent un cadre, mais elles ne disent pas si votre maison, elle, est en train de bouger. Une parcelle classée en aléa fort peut accueillir une construction parfaitement saine, et une zone d’aléa faible n’exclut pas un désordre lié à une cause locale. C’est la lecture des désordres réels, sur place, qui répond à la question.

« Une parcelle classée en aléa fort peut accueillir une maison parfaitement saine. C’est la lecture des désordres réels, sur place, qui répond à la question. »

À retenir

L’Île-de-France cumule deux risques pour le bâti : le retrait-gonflement des argiles, très répandu dans le bassin parisien, et les anciennes carrières en petite couronne. Géorisques et l’Inspection Générale des Carrières permettent un premier repérage de votre parcelle.

06 · Agir au bon momentVotre bien est touché : les bons réflexes

Constater un désordre est anxiogène, mais l’enchaînement des bonnes démarches est assez clair. L’erreur la plus fréquente n’est pas d’agir mal, c’est d’agir trop tard, ou de ne rien documenter.

1

Documenter les désordres

Photos datées avec une référence d’échelle, suivi de l’évolution, conservation des documents.

2

Vérifier le cadre catastrophe naturelle

Consulter les arrêtés de la commune et déclarer le sinistre à l’assurance dans les délais.

3

Faire réaliser une expertise indépendante

Une lecture technique dans votre seul intérêt, débouchant sur un rapport opposable.

4

Choisir la voie de recours adaptée

Amiable dans la majorité des cas, judiciaire en cas de blocage persistant.

Faire constater et documenter les désordres

Le premier réflexe est de garder une trace. Photographiez les fissures avec une référence d’échelle, par exemple une pièce de monnaie ou un mètre ruban posé à côté. Datez vos clichés. Notez la date d’apparition et l’évolution constatée. Cette mémoire du désordre est précieuse, car un mouvement se juge dans le temps.

Pour suivre une fissure active, des dispositifs simples existent, comme la pose de jauges de mesure type Saugnac qui enregistrent l’écartement dans le temps. Conservez aussi tout document utile : devis, courriers, anciens diagnostics. Ce dossier deviendra la base de toute démarche assurantielle ou de recours.

La reconnaissance de catastrophe naturelle et l’assurance

Le retrait-gonflement des argiles, comme les effondrements de cavités, sont intégrés au régime des catastrophes naturelles. Les dommages qui leur sont attribués peuvent être indemnisés au titre de la garantie catastrophes naturelles incluse dans votre contrat d’assurance habitation, à condition qu’un arrêté interministériel reconnaisse l’état de catastrophe naturelle pour votre commune et la période concernée.

En pratique, ce mécanisme est encadré, et son issue n’est jamais automatique. La déclaration doit être faite dans les délais, le lien entre les désordres et le phénomène naturel doit être établi, et l’assureur missionne son propre expert. Il reste par ailleurs une franchise catastrophe naturelle à votre charge. Une expertise ne garantit jamais une indemnisation, mais elle vous donne une base technique solide pour défendre votre dossier.

L’intérêt d’une expertise indépendante

Quand l’assureur intervient, il mandate un expert qui le représente. Cet expert fait son travail, mais il n’est pas le vôtre. Une expertise indépendante vous apporte une lecture technique des désordres réalisée dans votre seul intérêt : nature des fissures, cause probable, caractère évolutif ou stabilisé, ampleur réelle de l’atteinte.

Cette analyse débouche sur un rapport opposable, c’est-à-dire un document argumenté que vous pouvez présenter à votre assureur, à un avocat ou à un tribunal. D’après notre constat de terrain chez Score Expertises, un propriétaire qui arrive avec un dossier structuré aborde la discussion avec l’assurance dans une position bien plus favorable que celui qui s’appuie sur de simples photos.

Amiable ou judiciaire : comprendre les voies de recours

Toutes les situations ne finissent pas devant un juge, loin de là. La voie amiable, c’est-à-dire la discussion directe avec l’assureur ou le constructeur sur la base d’un rapport, résout une large part des dossiers. C’est la voie la plus rapide et la moins coûteuse.

La voie judiciaire intervient quand le désaccord persiste : refus d’indemnisation, montant jugé insuffisant, contestation de la cause. Le juge peut alors désigner un expert judiciaire. Score Expertises intervient sur le volet technique de ces procédures et peut vous accompagner en expertise contradictoire et judiciaire. Score Expertises reste un cabinet d’expertise technique : pour le conseil juridique formel, un avocat reste votre interlocuteur. Si vos désordres sont des fissures, notre page dédiée à l’expertise fissure détaille notre méthode d’intervention.

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À retenir

Documentez tôt et précisément vos désordres. Le retrait-gonflement et les effondrements relèvent du régime catastrophe naturelle, sous condition d’arrêté. Une expertise indépendante vous donne un rapport opposable ; la voie amiable règle la majorité des dossiers.

Vos questions les plus fréquentes sur le mouvement de terrain

Qu’est-ce qu’un mouvement de terrain ?

Un mouvement de terrain est un déplacement, plus ou moins brutal, du sol ou du sous-sol sous l’effet de la gravité. Il peut être lent, de quelques millimètres par an, ou rapide. Il regroupe des phénomènes variés : glissements, effondrements, affaissements, retrait-gonflement des argiles et coulées de boue, d’origine naturelle ou liée à l’activité humaine.

Quels sont les signes annonciateurs d’un mouvement de terrain sur une maison ?

Les signaux les plus parlants sont des fissures en escalier partant des angles d’ouverture, des fissures qui s’élargissent dans le temps, des portes et fenêtres qui coincent, des sols qui semblent pencher et des décollements entre éléments de la construction. Un seul de ces signes peut être bénin ; leur accumulation justifie un constat.

Comment savoir si mon terrain est en zone à risque ?

Le site officiel Géorisques permet de consulter, parcelle par parcelle, l’exposition au retrait-gonflement des argiles et les arrêtés de catastrophe naturelle de la commune. À Paris et en petite couronne, l’Inspection Générale des Carrières renseigne sur les anciennes cavités souterraines. Ces outils donnent une première évaluation, mais ne disent pas si votre bien bouge réellement.

Mon assurance couvre-t-elle les dégâts d’un mouvement de terrain ?

Le retrait-gonflement des argiles et les effondrements de cavités relèvent du régime des catastrophes naturelles. Les dommages peuvent être indemnisés via la garantie catastrophes naturelles de votre assurance habitation, à condition qu’un arrêté reconnaisse l’état de catastrophe naturelle pour votre commune. L’indemnisation n’est jamais automatique : les délais et le lien de causalité doivent être établis.

Que faire si je vois des fissures qui m’inquiètent ?

Photographiez les fissures avec une référence d’échelle, datez vos clichés et notez leur évolution. Conservez vos documents. Évitez les réparations cosmétiques tant que la cause n’est pas identifiée, car elles masquent le désordre sans le régler. Un premier diagnostic téléphonique gratuit avec un expert vous permet de savoir s’il faut s’inquiéter et comment procéder.

Combien coûte une expertise après un mouvement de terrain ?

La majorité de nos expertises sont à 590 € TTC, quel que soit le sujet (fissures, humidité, malfaçons, VEFA, conseil avant achat). Ce tarif unique est un choix de positionnement : la concurrence est rude en Île-de-France, nous tenons à rester accessibles. Le devis dépasse rarement ce montant, sauf cas spécifiques comme les très grandes copropriétés où le périmètre peut justifier un tarif jusqu’à 900 € TTC. Le premier diagnostic téléphonique est gratuit et sans engagement.

Rédigé par l’experte

Nydia Doukhi

Experte en bâtiment · Génie civil · Agréée S.N.E.I. · 10+ ans

Spécialiste des pathologies structurelles, du retrait-gonflement des argiles et des sinistres liés aux mouvements de terrain, Nydia Doukhi réalise plus de 1000 expertises par an à Paris et en Île-de-France. Elle accompagne les particuliers dans la lecture de leurs désordres, l’expertise contradictoire et les litiges avec les assurances.

Sources

Chaque situation est unique. Diagnostic téléphonique gratuit.